À lier…

À lier… est le nouveau roman de l’auteur de ce site, il est publié aux éditions Mare Nostrum.
Le mot de l’éditeur :

2033, funeste centenaire…

À lier… est un roman polyphonique dans lequel quatre narrateurs se succèdent : un pré-ado vagabond et assassin, un aristocrate pervers adepte de L.F. Céline, un paraplégique en rut et une jeune femme perturbée. Mettons.

À eux quatre, ils reconstituent sans le vouloir un puzzle familial atypique, dont l’image finale souligne la fatalité du déterminisme historique. En ligne de mire : soit une Babylone moderne, soit le repli sectaire. L’impérieuse satisfaction de besoins frénétiques et vulgaires, ou l’exaltation d’une race française fantasmée. Jeunes assassins vénaux, frustrés pathétiques, victimes complaisantes, société secrète avide de pouvoir…

Curieusement, malgré la noirceur du propos et l’horreur de certaines scènes, l’humour n’est pas absent de ce roman au style parfois lapidaire, parfois baroque.

La vérité est aïeule !

 (Un second degré de lecture, à la charge du lecteur, renvoie à des préoccupations abordées sur ce site.)

328 pages, 16.90 €, voir sur le site de Mare Nostrum

 

Extrait n°1:

Parmi les heures privilégiées que je passe en ma compagnie il est celle, peut-être plus savoureuse que les autres, du petit-déjeuner que je prends parfois dans la chambre. Un temps serein et chargé de promesses… Malgré l’après-midi atroce que m’a fait subir le postier hier, je me suis éveillé de bonne humeur. Et, comme souvent lorsque je suis en d’heureuses dispositions, dès le premier œil ouvert et encore tout nimbé de songes, l’envie de trousser la soubrette m’est venue. Un badinage qui aurait été un heureux hommage à mon déniaisement… Je m’en souviens comme d’hier : j’avais treize ans lorsque j’ai fait valoir mon droit de cuissage sur une domestique normande dans le cellier du domaine. Comme toutes les femelles de son pays mal dégrossi, elle avait le poil paille et le pis gras, la hanche lourde et la cheville épaisse. Un petit plaisir ancillaire sans grande élégance, j’en conviens. Mais j’étais bien jeune… Je me rappelle l’avoir suivie sous les voûtes en pierre de Berchères, jusqu’aux rayonnages où elle allait prendre, chaque midi, quelque cru d’Anjou dont Père était friand pour l’apéritif. Sans soupçonner ma présence, l’effrontée s’était baissée afin d’atteindre une bouteille de Quart-de-Chaume, m’offrant son ample croupe dans le même temps. J’avais alors retroussé ses jupons avec autorité. Après un petit cri de surprise, reconnaissant son Maître, elle s’était laissée aller à la volupté, meuglant sa gratitude tandis que je la saillais en hussard…

 

Extrait n°2:

Je dois les attirer, les femmes qui ont des soucis de plafonnier. J’en ai rencontré plein… Une des premières après Carole, c’était Charlène. Marginale et clitoridienne. Elle m’a quitté parce qu’elle me trouvait immature, pas fiable, instable, etc. Tu parles… Son père s’est barré quand elle était toute gosse. Depuis elle cherche pas un mec, elle espère un papa. Du coup, après moi, elle s’est mise à la colle avec un gros con de représentant qui lui a tapé sur la gueule pendant sept ans. Heureusement, elle a fini par lui faire boire le bouillon de onze heures. Et elle s’est retrouvée au placard… La préméditation, ça pardonne pas… Sans déconner, vivre sept piges avec un bourrin pour soigner un syndrome abandonnique, c’est de l’équithérapie low-cost… Ensuite j’ai rencontré Nuria. Une deuxième ligne de la côte qui espérait intégrer l’USAP. Très jolie, pas chiante, étudiante en maths. Et un eunuque salafiste se serait damné sept fois pour peloter un seul de ses nibars. Nuria avait des meules parfaites de vraie bidoche bio, plantées à quatre-vingt-dix degrés et offrant aux doigts comme aux lèvres cette émouvante tendreté sans mollesse propre aux balcons des nullipares… Oui, je sais : tu te dis que j’en fais trop. Mais j’évoque ici l’éclatante réussite d’une nature trop souvent malhabile, tu pourrais me passer l’exaltation. D’autant que ça ne va pas durer : Nuria avait un problème. Elle était épuisante. Ex-té-nu-an-te. Après le match et la troisième mi-temps, elle réclamait encore deux heures de carambole au plume. Moi j’étais à la ramasse dès l’apéro… J’ai été obligé de la quitter au bout d’un mois et au bord du burne-out… Il y a eu Bachira sous tchador, aussi. Bachira qui refusait ma main en public et enfouissait sa tête sous les draps quand, cédant à ses suppliques enfiévrées, je la dévastais en levrette. Seul son cul, au demeurant fort beau, émergeait du linge pour s’offrir… Tropisme du voile… Maintenant que j’y pense : c’est pas pour rien que je suis catalan, vu comment j’ai tapé dans le périnée oriental !